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Contraceptions mode d’emploi, 3e édition

Un Forum contraception sur "Mon Blog de Fille"

A l’initiative de Yanjiao et de Seccotine, deux de ses "habituées", Hélène Legastelois m’a invité à un forum contraception sur son "Blog de Fille", qui s’est tenu entre le 17 et le 19 novembre.

Vous pourrez y trouver plein de questions et tout plein de réponses (autant que de questions, en principe, les réponses commencent à l’entrée N°55 ), dans le désordre le plus complet, mais dans la plus franche amitié.

Ca m’a fait beaucoup de bien d’y participer...
MW


Ma sexualité Canada
Ma Sexualité.ca est non seulement le meilleur site canadien sur la sexualité, c’est à mon humble avis le meilleur site francophone au monde consacré à la sexualité et la contraception. Aussi soucieux des adolescents que des adultes, il propose une très grande quantité d’informations, toutes de bon sens et toutes solidement étayées, sur la sexualité, la contraception, les maladies sexuellement transmissibles, la santé des femmes. Visitez-le et vous ne pourrez plus vous en passer.

Voir aussi :

Contraception
- J’ai arrêté ma contraception et je ne suis toujours pas enceinte. Que se passe-t-il ?
- La pilule : Comment la prendre ? Que faire quand on l’oublie ? (version mise à jour)
- Pour prendre la pilule, examen gynécologique, examen des seins et prise de sang ne sont pas nécessaires...
- Tout ce que vous vouliez savoir sur les règles... sans jamais avoir osé le demander
- Les règles : en avoir ou pas ? Des questions et des réponses !!!!
- Que "vaut" une IVG ?
- Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU (" stérilet ")
- ANNUAIRE DES CENTRES DE PLANIFICATION EN FRANCE
- "La santé en questions", une collection pour tous
- Le moment venu (Pourquoi je ne réponds plus aux questions sur la contraception)

Prévention
- Plaidoyer pour une autre radiologie
- Contraception : Questions / Réponses 45
- Certains gynécologues français s’efforcent de réhabiliter les DIU
- Les règles : est-il "dangereux" de ne pas en avoir ? (Contraception : Questions/réponses 44)
- Cérazette et allaitement (Contraception : Questions / Réponses 41)
- Pilule et allaitement (Contraception : Questions / Réponses 40)
- "Ce n’est pas le DIU qui perfore, c’est le médecin !" (et certains médecins mériteraient un procès...)
- La légende du DIU et des anti-inflammatoires
- Comment s’y retrouver, parmi toutes ces pilules ?
- Contraception : Questions / Réponses n° 36

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- Santé : la fin du modèle français
- Une maladie méconnue : le trouble dysphorique du lundi matin (TDLM)
- L’avenir menaçant de l’industrie pharmaceutique
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Contraception et gynécologie >


Tout ce qu’il faut savoir sur l’implant contraceptif
par Martin Winckler
Article du 16 novembre 2007

Comme la pilule et comme le " stérilet " (qu’on devrait nommer " dispositif intra-utérin ", pour qu’on n’imagine pas qu’il rend stérile), l’implant contraceptif est une méthode contraceptive efficace à plus de 95 %.

Efficacité théorique et réelle d’une contraception

Qu’est-ce que ça veut dire " à plus de 95% " ? Ca veut dire que parmi 100 femmes utilisant la méthode pendant 1 an, 5 ou moins seulement seront enceintes en raison d’un échec de la méthode.

L’efficacité d’une méthode varie surtout si cette méthode nécessite une intervention de la part de l’utilisatrice ou si des facteurs extérieurs peuvent interférer avec elle.

Par exemple, si on prescrit la pilule à 100 femmes à partir du 1er janvier, l’efficacité théorique (en cas d’utilisation parfaite) est de 99 % (1 grossesse par an pour 100 femmes). En réalité, on observe entre 3 et 20 grossesses par an chez les utilisatrices de pilule. Pourquoi tant que ça ? Parce qu’on peut oublier sa pilule, ou être dans l’incapacité de la prendre, ou la vomir, ou l’arrêter parce qu’on a un effet secondaire imprévu, ou parce qu’on a pris un médicament qui l’a inactivé (voir en fin d’article)... etc.

En revanche, l’efficacité réelle des dispositifs intra-utérins (stérilets), au cuivre ou hormonal, est identique à leur efficacité théorique près de 99, 5 % - soit cinq grossesses par an pour 1000 utilisatrices.

L’implant contraceptif, lui aussi, est efficace à plus de 99,5 %. C’est un réservoir en matière plastique souple, aussi long mais plus fin qu’une allumette (voir photo ci-dessus), qui contient un progestatif, un hormone féminine. On insère l’implant sous la peau du bras au moyen d’une aiguille creuse, un peu comme on fait une prise de sang. Une fois glissé sous la peau, l’implant est indolore et le plus souvent invisible.


Attention !!! : la pose et le retrait de l’implant doivent être indolores.

L’implant doit être inséré sous la peau anesthésiée, soit avec un patch ou de la crème anesthésique Emla, soit après une injection de lidocaïne. Il est anormal qu’un médecin insère un implant sans anesthésie locale. Si vous devez vous faire insérer un implant, demandez qu’on vous prescrive, au préalable, de la crème Emla, à appliquer sur la peau une heure avant la consultation. Le jour où la femme veut le faire enlever, le médecin endort de nouveau la peau, fait une toute petite incision sur la peau au-dessus de l’implant et retire celui-ci avec une pince.

Une fois l’implant posé, aucune visite de contrôle n’est nécessaire. Si vous tolérez bien votre implant, vous n’avez pas besoin de voir le médecin qui vous l’a posé pendant 3 ans, ou jusqu’à ce que vous ayez décidé de le faire nelever.


Depuis quand l’implant existe-t-il ?

Ailleurs dans le monde, on pose des implants depuis plus de 20 ans, en particulier dans les pays en développement. En France, où nous sommes toujours un peu à la traîne, le seul implant qui existe a été commercialisé pour la première fois en 2001. C’est le plus récent, mais aussi le plus fiable et le plus facile à utiliser.

Comment ça marche ?

Une fois l’implant inséré sous la peau, des orifices microscopiques se dilatent à la chaleur du corps et libèrent une hormone progestative (similaire à celle qui est contenue dans les pilules progestatives, sans estrogènes) et cette hormone diffuse dans le sang. Comme avec toutes les méthodes hormonales, le cerveau de l’utilisatrice perçoit les hormones dans le sang et « croit » que cette circulation d’hormone est synonyme de grossesse. De ce fait, l’ovulation est mise en sommeil. La quantité d’hormone présent dans l’implant est suffisante pour être efficace trois ans.

Comme la pilule progestative l’implant ne présente pratiquement aucun danger. Il peut être utilisé à n’importe quel âge, de l’adolescence à la quarantaine passée, même par les femmes qui fument. Il ne nécessite aucune manipulation et aucune précaution.

Est-ce vraiment une contraception très efficace ?

Oui, l’efficacité de l’implant est très grande : si j’en crois les statistiques auxquelles j’ai eu accès, parmi les 200 000 femmes ayant reçu un implant en Europe ces dernières années on a observé moins de dix grossesses. Et pour une jeune femme handicapée, par exemple, la pose d’un implant est bien moins impressionnante que la pose d’un stérilet, et beaucoup moins aléatoire qu’une pilule.

Dans mon expérience personnelle (je pose des implants depuis 2001, date de leur commercialisation en France), je n’ai eu à observer que quelques grossesses (sur plusieurs centaines d’implants insérés), dans les circonstances suivantes :

-  Deux grossesses sont survenues chez des femmes qui... étaient déjà enceintes avant d’avoir fait poser leur implant : elles s’étaient trompées sur la date de leurs dernières règles ou avaient omis de prendre des précautions contraceptives entre l’arrêt de leur contraception précédente et la pose de l’implant. Je leur avais posé l’implant en toute confiance. A l’une d’elle, j’avais recommandé de refaire un test de grossesse quinze jours plus tard (je n’étais pas du tout sûr qu’elle ne pouvait pas être enceinte) mais elle ne l’a pas fait.
-  Une grossesse est survenue chez une femme épileptique dont le traitement, compatible avec un implant, avait été modifié plusieurs mois après la pose de l’implant par le neurologue. Le « spécialiste » n’avait pas jugé utile d’interroger cette femme sur son désir ou non d’être enceinte, ni de se préoccuper des interactions entre le nouveau traitement qu’il lui prescrivait et sa contraception existante. Or, non seulement le médicament qu’il lui avait prescrit avait pour effet de diminuer l’efficacité de l’implant, mais en plus, il était toxique pour une éventuelle grossesse. Ce type-là mériterait qu’on lui interdise d’exercer, car l’interaction entre certains médicaments anti-épileptiques et la contraception hormonale fait partie du B.A.-BA de la neurologie.
-  Un petit nombre de grossesses sous implant (moins de cinq) sont survenues sans cause identifiable.

Au total, on peut considérer que l’implant est une méthode très, très fiable.


Si vous en avez assez de prendre la pilule et désirez changer de contraception, pensez aussi au DIU.

Tout ce que vous avez besoin de savoir sur le DIU (Dispositif intra-utérin ou "stérilet")


Est-ce que l’implant fait prendre du poids ?

Dans les documents du fabriquant, on peut lire qu’ « Une étude a montré que les femmes qui prennent du poids ne sont pas plus nombreuses parmi les utilisatrices d’implant que parmi les utilisatrices de stérilet (qui, lui, ne contient aucune hormone.) »

Mon sentiment clinique (dont la valeur scientifique est inévitablement réduite, car je ne peux pas être objectif, mais qui est fondé sur l’observation et le bon sens) est le suivant : Toutes les méthodes hormonales de contraception reproduisent peu ou prou l’état hormonal de la grossesse ; comme toutes les méthodes hormonales, l’implant peut favoriser une prise de poids importante chez certaines femmes prédisposées.

Personnellement, en 6 ans ½ d’utilisation, les femmes que j’ai vues prendre du poids sous implant sont celles qui :
-  étaient déjà en surpoids et avaient tendance à prendre du poids facilement, comme les autres femmes de leur famille (mère, soeurs) ;
-  avaient déjà pris du poids de manière marquée, brusquement (à l’adolescence) ou progressivement (à l’âge adulte) à l’occasion de la prise d’une pilule ;
-  avaient pris beaucoup de poids pendant leur(s) grossesse(s) - plus de 15 kilos - et ne l’ont pas reperdu ensuite.

Aux femmes qui se reconnaissent dans ces descriptions j’indique toujours que l’implant est susceptible de leur faire prendre du poids - ou de les empêcher d’en perdre si elles sont en surpoids et désirent maigrir.

De manière assez caractéristique, je n’ai pour ainsi dire jamais vu une femme mince ou maigre (et qui se plaignait de l’être) prendre du poids avec un implant (alors que souvent elle le souhaitait). Cette observation m’a conforté dans l’idée que l’implant, en lui-même ne fait prendre du poids qu’à des femmes prédisposées (celles que je décris plus haut), de même qu’il ne provoque une poussée d’acné que chez les femmes qui en ont ou en ont eu par le passé.

L’implant favorise donc l’acné ?

L’implant contient un progestatif, hormone qui ressemble aux hormones masculines. Chez les personnes qui y sont sujettes, le progestatif de l’implant peut accentuer l’acné. Il est donc important que les femmes qui choisissent un implant le sachent avant de choisir cette méthode. Chez les femmes également prédisposées à ces phénomènes il peut également (comme beaucoup de progestatifs) favoriser la séborrhée (peau grasse), un certain degré d’hirsutisme (pousse des poils) et... la chute des cheveux. Mais encore une fois, ces phénomènes surviennent essentiellement les femmes qui y sont déjà sujettes. Le progestatif de l’implant ne fait qu’accentuer une prédisposition personnelle, il ne la crée pas.


Attention !Ces phénomènes sont les mêmes avec le DIU hormonal qui contient sensiblement la même hormone que l’implant contraceptif. Les femmes ayant tendance à prendre du poids et prédisposées à l’acné, à la séborrhée et à l’hirsutisme doivent savoir qu’un DIU hormonal risque d’accentuer ces symptômes.

Quand une femme me demande des informations sur l’implant, je lui donne toujours ces éléments, afin qu’elle choisisse en connaissance de cause.


Un inconvénient imprévisible de l’implant : les troubles des règles

En reproduisant l’état hormonal de la grossesse, l’implant met souvent l’ovulation en sommeil. Ainsi, 18 % des utilisatrices n’ont pas de règles, comme si elles étaient enceintes. D’autres (surtout pendant les premières semaines) peuvent observer un gonflement ou une tension un peu douloureuse des seins.

Ces phénomènes sont sans danger. Mais ils ne concernent pas toutes les utilisatrices. La majorité des utilisatrices ont des règles moins fréquentes, et plus irrégulières qu’en l’absence de contraception. Mais un certain nombre (12 % d’utilisatrices) ont des règles plus fréquentes - qui surviennent souvent de manière imprévisible - surtout pendant les 6 premiers mois. Ces saignements ne sont pas des règles, mais un « spotting », un saignement minime provenant de l’utérus, et lié à la finesse de la paroi intérieure de l’utérus (endomètre), très aminci par l’hormone. Le « spotting » s’observe aussi chez les utilisatrices de pilule ou de DIU (« stérilet ») hormonal. IL est sans danger et n’a pas de signification particulière, mais il peut être très gênant. Beaucoup plus

Les femmes qui ont des règles trop fréquentes, ou des saignements légers plus ou moins permanents (« spotting ») pendant les premiers mois d’utilisation peuvent diminuer ce phénomène en prenant de l’ibuprofène (en vente libre) par cures de 2 comprimés trois fois par jour, 4 jours d’affilée. Le plus souvent, cela suffit à interrompre durablement les saignements. Une autre méthode, quand les saignements sont très fréquents ou très gênants, consiste à prendre des estrogènes (qui ont tendance à ré-épaissir l’endomètre, ce qui l’empêche de saigner). Les estrogènes peuvent être pris sous la forme... d’une pilule combinée ordinaire. Elle n’est alors pas utilisée comme contraception, mais pour faire cesser le « spotting ».


À retenir

Si vous n’avez pas de règles dans les semaines ou les mois qui suivent la pose d’un implant, ne vous inquiétez pas : vous n’êtes pas enceinte. C’est un effet fréquent. L’absence de règles ne compromettra pas votre aptitude à être enceinte après le retrait de l’implant.

Si vous avez des règles irrégulières, c’est également un effet de l’implant. Cette irrégularité peut durer pendant les trois ans que vous le portez. Elle ne veut pas dire que l’implant est inefficace, mais si elle est gênante, il peut être nécessaire de retirer l’implant.


Si vous désirez recourir à une méthode de contraception très efficace mais sans hormones, choisissez un DIU (dispositif intra-utérin ou "stérilet") au cuivre. Pour en savoir plus


La résistance des médecins

Beaucoup de gynécologues et de médecins français semblent très opposés à l’implant. Certains invoquent ses effets secondaires, mais toutes les méthodes en ont, et si l’utilisatrice potentielle est prévenue des effets possibles de l’implant, et si elle n’est prédisposée ni à la prise de poids, ni à l’acné, elle peut essayer l’implant. L’irrégularité du cycle est certes possible et imprévisible, mais elle n’est très gênante que pour 12 à 15 % des utilisatrices.

Dans le département où j’exerce, de nombreuses femmes demandent un implant à un gynécologue qui refuse de les poser, et qui le leur prescrit pour être posé par quelqu’un d’autre. Cette attitude n’est pas acceptable : la pose de l’implant est un geste simple, à la portée d’un étudiant de 4e année, et le choix de la contraception appartient à la femme, surtout quand la méthode est sans danger (or, la seule méthode contraceptive susceptible de comporter un danger mortel... c’est la pilule combinée !)

Il n’est donc pas professionnel de refuser la pose d’un implant sans raison médicale raisonnable.

D’autres professionnels ne veulent pas entendre parler de l’impalnt parce que (soi disant) ça ne leur « rapporte rien de poser un implant » (alors que la pose d’un stérilet est un acte qu’ils peuvent faire payer).

C’est faux, bien entendu. La pose et le retrait de l’implant sont cotés par la sécurité sociale : ils ont un tarif bien précis, comme vous pouvez le voir dans CET ARTICLE.

En réalité, l’opposition de nombre de médecins à l’implant est liée au fait... que ça ne les intéresse pas. Ne connaissant pas bien cette méthode et ne cherchant pas à proposer le plus grand nombre possible de méthodes contraceptives à leurs patientes, ils ne veulent pas se risquer à la prescrire et à la conseiller. Cela aussi est tout à fait anti-professionnel, car tout médecin a l’obligation de mettre à jour ses connaissances, en particulier dans son champ de spécialité.

Toutes proportions gardées, un gynécologue qui refuse de prescrire, poser ou retirer des implants est un professionnel aussi peu sérieux qu’un garagiste qui refuse de réparer une voiture sous prétexte qu’il n’aime pas le modèle.

L’implant est-il une meilleure contraception que la pilule ou le DIU ?

Cette question n’a pas de réponse absolue : il n’y a pas de contraception supérieure aux autres car la meilleure contraception pour une femme donnée peut être mauvaise pour une autre. L’implant est une contraception efficace, sans danger et bien tolérée par un grand nombre de ses utilisatrices. Il mériterait d’être proposé systématiquement, en même temps que les autres méthodes efficaces à plus de 99% (DIU, pilule, anneau vaginal, "patch"), à toutes les femmes qui veulent une contraception très fiable.


Si vous en avez assez de prendre la pilule et désirez changer de contraception, pensez aussi au DIU.

Tout ce que vous avez besoin de savoir sur le DIU (Dispositif intra-utérin ou "stérilet")


L’IMPLANT EN PRATIQUE

Comment puis-je trouver un médecin qui pose et retire les implants ?

Deux méthodes simples :
-  demandez à votre généraliste ou à votre médecin traitant ;
-  interrogez le centre de planification ou l’antenne du Planning Familial les plus proches de votre domicile La liste est ICI

Au bout de combien de temps l’implant est-il efficace ?

S’il est posé juste dans la semaine qui suit les règles, on considère qu’il est efficace immédiatement. S’il est posé plus tard dans le cycle, il est prudent d’utiliser des préservatifs pendant les sept jours qui suivent la pose.

Y a-t-il un moment particulier du cycle pour le poser ?

Non, il peut être posé n’importe quand dans le cycle, à condition d’être sûre qu’on n’est pas enceinte... Il est absolument inutile d’attendre « les prochaines règles ». De plus, il est quasiment impossible de prendre un rendez-vous avec un gynécologue juste après ses règles...

Mon gynéco me conseille de prendre Cérazette quelques semaines pour savoir si je vais supporter l’implant. Qu’en pensez-vous ?

Que ça ne présente pas de danger mais que... ça n’aide en rien à prédire si l’on va supporter l’implant ou non. En effet, Cérazette contient la même molécule que l’implant, mais l’absorption par la bouche et l’absorption sous-cutanée ne sont pas du tout identique, et ne produisent donc pas les mêmes effets. Personnellement, je pense donc que prendre Cérazette avant de se faire poser un implant est une perte de temps. Si vous désirez essayer un implant, faites-vous le poser dès que possible.

Comment puis-je me procurer un implant ? Est-il remboursé ? Combien coûte-t-il ? Vous devez acheter l’implant en pharmacie, sur ordonnance de votre médecin. Il coûte environ 140 euros et il est remboursé à 65 % (à 100% si vous avez une mutuelle). Donc, beaucoup moins cher qu’une pilule prise pendant 3 ans...

Le retrait de l’implant se fait-il simplement ? Laisse t-il des cicatrices ? Remet-on un autre implant tout de suite au même endroit ?

Lorsqu’on a affaire à un praticien qui en a l’habitude, il n’y a pas de problème, ni à la pose, ni au retrait. On pose l’implant au-dessus du coude, sous la peau, à la face intérieure du bras - autrement dit : la zone qui, lorsqu’on laisse pendre le bras le long du corps, touche le thorax. Donc, ça ne se voit pas (même chez les femmes très minces, il faut vraiment avoir le nez dessus). La cicatrice de la pose est souvent invisible.

Pour enlever l’implant, il suffit, après avoir endormi la peau une nouvelle fois, que le médecin fasse une petite incision (plus courte qu’une boutonnière), pousse l’implant vers l’orifice, l’attrape avec une pince et le retire. Comme l’incision est très petite, on la referme avec des stéristrips (sparadraps très fins), et la cicatrice est ensuite presque imperceptible.

On peut remettre un second implant au même endroit, et si la femme en désire un autre, il est préférable de le mettre en place immédiatement après avoir retiré précédent. Comme les implants existent en France depuis plus de 6 ans, j’ai depuis quelques mois enlevé le 2e et mis le 3e implant à plusieurs patientes qui se sont fait poser le premier en 2001.

Le retrait n’est difficile que si l’implant est posé trop profond, ou si l’utilisatrice est un peu forte et si le médecin essaie de l’enlever alors qu’il ne le sent pas. Quand on ne sent pas l’implant sous la peau, il faut demander à un échographiste expérimenté de le localiser avec un échographe (il ne se voit pas à la radio, mais se voit très bien à l’échographie), et de tracer un trait au feutre en regard de l’implant pour bien le repérer. Le retrait est ensuite le plus souvent très simple.

Au pire, quand on ne le retrouve pas du tout (ça peut arriver, il y a eu un ou deux cas en France), il n’y a pas de danger à le laisser en place. Si la femme veut une grossesse, évidemment, elle doit attendre que l’effet de l’implant se termine. Si elle n’en veut pas, on peut très bien lui mettre un autre implant et laisser l’implant vide en place. C’est du plastique inerte, il ne peut pas vraiment entraîner plus de problèmes que quand il était plein d’hormones !


QUESTIONS ET REPONSES FREQUENTES

Quels sont les médicaments qui peuvent compromettre l’effet d’un implant ?

Tous ceux qui compromettent aussi les effets des pilules contraceptives :
-   Certains médicaments antiépileptiques (phénobarbital et autres barbituriques, phénytoïne, primidone, topiramate, vigabatrin, carbamazépine, felbamate, oxcarbazepine.)
-   Un médicament « psychostimulant », le modafinil
-   Certains médicaments antituberculeux (rifabutine, rifampicine)
-   Certains antiviraux (antiprotéases) utilisés contre le VIH (amprenavir, ritonavir, nefinavir, efavirenz, neviratine)
-   Un antifungique (médicament contre les champignons) : griséofulvine
-   Le millepertuis, une plante médicinale !!!

Faut-il absolument enlever l’implant au bout de 3 ans ?

En fait, l’implant ne cesse pas brutalement d’agir au bout de 3 ans. Chez les femmes minces ou de poids normal (inférieur à 70 kilos), il agit probablement encore plusieurs mois au-delà des 3 ans indiqués par le fabriquant, il n’est pas possible de savoir combien de temps. Il m’est arrivé à de nombreuses reprises de changer des implants jusqu’à 3 ans et 6 mois sans que les utilisatrices aient été enceintes. Cela signifie donc que vous n’êtes pas à 2 mois près pour le faire changer.

Et bien sûr, vous n’êtes jamais obligée de le garder 3 ans. Si vous voulez porter un implant quelques mois seulement, vous avez parfaitement le droit de vous le faire poser pour un délai limité. C’est à vous de décider du moment de vous le faire enlever, et non au médecin.

Une réserve : il semble que l’implant soit efficace moins longtemps chez les femmes en surpoids (plus de 80 kilos). A ces utilisatrices-là, il est recommandé de le changer plus tôt (au bout de 2 ans ½).

Après avoir enlevé son implant, combien de temps faut-il attendre avant de pouvoir être enceinte ?

Comme toutes les méthodes hormonales, l’implant reproduit l’état hormonal de la grossesse. Quand l’implant est retiré, le retour à un cycle normal est similaire à celui qui suit un accouchement : de l’ordre de 4 à 8 semaines avant que des règles normales réapparaissent (si l’utilisatrice n’en avait pas pendant l’utilisation de l’implant).

Ensuite, une fois le cycle naturel de la femme rétabli, le délai avant une grossesse est variable en fonction de la femme et du couple... LISEZ CECI

L’implant est-il utilisable par une femme qui a une endométriose ?

Oui, car il contient un progestatif, qui est utilisé pour traiter l’endométriose, mais il peut être insuffisant pour faire disparaître les symptômes de l’endométriose, en particulier les règles douloureuses. Le traitement de l’endométriose est plutôt l’utilisation de progestatifs à fortes doses.

Peut-on utiliser un implant quand on a des migraines avec la pilule ou pendant ses règles ?

Oui, un implant est beaucoup moins dangereux pour une femme migraineuse qu’une pilule contenant des estrogènes. Et comme l’implant endort l’ovulation et espace ou fait disparaître les règles, il espace aussi les migraines liées aux règles.

Je fume, est-ce que je peux utiliser un implant ?

Oui. Ce qui est incompatible avec le tabac, après 35 ans, ou après 15 ans de consommation de tabac, c’est l’estrogène présent dans les pilules combinées. L’implant est sans danger pour les femmes qui fument. (Mais le tabac, lui...)

Peut-on se faire poser un implant après un accouchement, et quand on allaite son bébé ?

Oui. Et cela peut-être fait le lendemain de l’accouchement (donc, à la maternité) ou n’importe quand au cours des semaines qui suivent.
Ce qu’il faut savoir :
-  si vous avez pris beaucoup de poids (plus de 15 kilos) pendant votre grossesse, utiliser un implant peut vous empêcher de les perdre
-  il semble que les saignements ous implant soient plus fréquents quand l’implant est inséré très tôt après l’accouchement ; il n’y a pas d’inconvénient à attendre 15 jours ou 3 semaines pour le poser : l’ovulation ne se reproduit pas avant le 21e jour qui suit l’accouchement
-  l’implant est compatible avec l’allaitement ; la quantité d’hormone qui passe dans le lait est infime, et ne met pas le bébé en danger ;

J’ai quatorze ans. Puis-je utiliser un implant ?

Oui. Tout comme vous pourriez utiliser une pilule progestative ou combinée. Comme toute prescription de contraception, la pose d’un implant est gratuite et anonyme pour les mineures. Et l’implant est sans danger pour les adolescentes. Il est en revanche bien plus sûr qu’une pilule et bien plus économique (il est remboursé intégralement). Et il peut être utilisé sans l’accord des parents, bien sûr, comme toute contraception (le médecin a en effet interdiction d’enfreindre le secret et de prévenir les parents d’une mineure qui demande une contraception ; s’il le fait, il peut être poursuivi en justice).


Attention ! La pilule et l’implant ne sont pas les seules méthodes utilisables par les adolescentes. Un DIU (dispositif intra-utérin ou "stérilet") peut parfaitement convenir à des jeunes femmes n’ayant jamais eu d’enfant. Pour en savoir plus Cliquez ICI]


Y a-t-il des allergies à l’implant ?

Apparemment non. Le plastique de l’implant est inerte et ne provoque pas d’allergie. L’hormone qu’il contient non plus.

J’ai fait une phlébite. Est-ce que je peux utiliser un implant ?

Oui. L’implant n’est pas contre-indiqué après une phlébite.

Mon implant est plié ou cassé sous la peau. Est-ce dangereux ?

Il arrive qu’à la pose, l’implant soit plié et/ou se casse. Cela n’a pas d’incidence sur son efficacité et c’est sans danger.

J’ai eu des règles pendant trois mois après la pose de l’implant, et depuis, plus rien. Comment savoir si c’est un effet de l’implant ou si je suis enceinte ?

Il suffit de faire un test de grossesse (urinaire ou, mieux, sanguin). Les tests de grossesse ne sont pas modifiés par l’implant.

Je veux me faire enlever mon implant et me faire poser un DIU. Dois-je attendre ?

Non. Vous pouvez vous faire poser votre DIU et faire enlever l’implant au cours de la même consultation. Je dirais même que le médecin doit le faire le même jour : il est inutile de vous faire payer deux consultations ; il est inutile de vous laisser sans contraception entre le retrait de l’un et la pose de l’autre.

Je prends la pilule. On m’a posé un implant aujourd’hui. Dois-je finir ma plaquette ?

Ce n’est pas indispensable sur le plan contraceptif (vous êtes protégée au bout de quelques jours d’implant) mais l’arrêt de votre pilule entraînera des saignements au bout de quelques jours. Il sera probablement plus confortable pour vous de terminer votre plaquette.

Est-ce qu’un implant fait monter le cholestérol ?

Non. Et même s’il le faisait, ça n’aurait aucune importance, car ça n’en a aucune quand on prend la pilule, comme vous le lirez en CLIQUANT ICI.

J’ai quarante-sept ans. Est-ce que je peux me faire poser un implant, et quand dois-je le faire enlever ?

Vous pouvez utiliser un implant pendant plusieurs années, et ne vous le faire enlever que lorsque vous serez ménopausée. En effet, en France, les femmes sont ménopausées de plus en plus tard, et des grossesses sont souvent encore possibles après la cinquantaine. IL n’est donc pas recommandé de cesser d’avoir une contraception avant la ménopause. Et il n’y a pas de danger à porter un implant au-delà de cinquante ans.

Depuis que j’ai un implant, ma libido (mon désir sexuel) est à zéro. Est-ce que l’implant est responsable ?

Toutes les méthodes hormonales peuvent diminuer la libido... Si vous avez observé une nette diminution de votre désir à partir du moment où il a été posé, et si vous n’avez pas d’autre raison de manquer de désir (dépression, maladie, problème de couple, etc.) alors, oui, vous êtes en droit de faire retirer votre implant pour cette raison.

J’ai des adénofibromes du sein. Puis-je porter un implant ?

Oui. Les maladies bénignes du sein ne sont jamais une contre-indication à l’implant, qui peut même être utilisé par une femme qui a été traitée pour cancer du sein et qui en a guéri.


Si vous en avez assez de prendre la pilule et désirez changer de contraception, pensez aussi au DIU.

Tout ce que vous avez besoin de savoir sur le DIU (Dispositif intra-utérin ou "stérilet")


Pour en savoir plus sur la contraception lisez Contraceptions mode d’emploi ou Choisir sa contraception

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