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Cancer du col de l’utérus : dois-je me faire vacciner ou faire vacciner ma fille contre le papillomavirus (HPV) ?
par Martin Winckler
Article du 26 septembre 2013

Article de septembre 2008, ajout de septembre 2013. Une mise à jour complète sera bientôt effectuée.

Pendant l’été 2007, la télévision a diffusé un spot télévisé destiné à sensibiliser à la prévention contre le cancer du col de l’utérus. Il est intéressant, ce spot.

Regardez-le sur YouTube
 [1]

Ce spot est signé (parrainé ?) par « les associations professionnelles de gynécologie (de qui s’agit-il ? ce n’est pas clair en regardant le spot) », « avec le soutien (financier, bien sûr) de Sanofi Pasteur MSD » (ça, c’est un labo...)

Manifestement, ce spot invite les femmes à aller consulter en parlant de « mesure de prévention ». De quelles mesures de prévention s’agit il ? Allez, je vous aide ! Un vaccin contre les papillomavirus nommé Gardasil a été commercialisé récemment par... Sanofi Pasteur MSD.
Information ou publicité déguisée ? On est en droit de se le demander. Car, toute proportion gardée, ce spot a la même fonction que celui qui, il y a quatre ans, incitait les hommes à aller se faire doser leur cholestérol. Un spot fondé sur la peur, incitant la population à aller consulter des médecins et à s’en remettre à leur avis - qui sera probablement de vacciner.

Or, la vaccination contre le papillomavirus n’a non seulement rien d’obligatoire, mais il n’est pas du tout certain qu’elle réduise la fréquence de survenue des cancers du col de l’utérus. En effet, à l’heure actuelle, on manque de tout recul pour l’affirmer.

Une mesure de prévention ne peut pas s’appuyer sur la peur. Actuellement, ce que les femmes qui me consultent ou m’écrivent expriment, c’est surtout de la peur à l’égard des papillomavirus-qui-donnent-le-cancer.

L’article qui suit est destiné à remettre les choses en place.

Le livre de référence sur la manière dont l’industrie a "inventé" le risque des HPV pour commercialiser un vaccin est "La piqûre de trop", de Catherine Riva et Jean-Pierre Espinosa (Ed. Xenia). La lecture en est très vivement recommandée.

Lisez "La piqûre de trop" de toute urgence !!!


Pour les lectrices pressées
- Le cancer du col de l’utérus est provoqué par des virus, les papillomavirus, extrêmement répandus et le plus souvent bénins.
- Très peu d’infections à papillomavirus entraîneront un cancer.
- Dès le début de son activité sexuelle, toute personne rencontre des papillomavirus, qui se transmettent par voie sexuelle mais aussi par simple contact de la peau
- Des lésions précancéreuses du col de l’utérus mettent entre 5 et 12 ans à apparaître après contact avec le virus
- Le développement d’un cancer du col de l’utérus peut être prévenu par un frottis systématique de dépistage tous les deux ou trois ans entre 25 et 65 ans
- Les vaccins actuellement disponibles ne protègent que contre un petit nombre de virus (4 sur 100) !
- La vaccination ne protège pas contre l’apparition d’un cancer mais seulement contre certains des virus responsables.
- Les effets secondaires du vaccin à long terme sont inconnus.
- Même vaccinées, les femmes doivent, pour éviter un cancer du col, recourir au frottis de dépistage tous les 2 à 3 ans entre 25 et 65 ans.

Conclusion :
La vaccination contre certains papillomavirus est aujourd’hui possible pour les femmes qui le désirent ; elle n’est pas indispensable, car la prévention du cancer du col est déjà effectuée par les frottis de dépistage ; comme la vaccination n’est ni nécessaire ni suffisante pour prévenir le cancer du col et comme ses effets néfastes à long terme sont inconnus, on est en droit de se demander si cette vaccination est utile, voire même souhaitable...
En tout cas, il n’y a rien de criminel ou de dangereux à ne pas se faire vacciner et à ne pas faire vacciner ses filles...


Si vous voulez en savoir plus sur 1° le cancer du col , 2° le frottis, 3° les HPV et 4° la vaccination, lisez la suite.


1. LE CANCER DU COL DE L’UTERUS

Le cancer du col de l’utérus : qu’est-ce que c’est exactement ?

Le col de l’utérus, c’est l’orifice de l’utérus qui s’ouvre au fond du vagin. C’est par cet orifice que les spermatozoïdes pénètrent dans l’utérus pour aller à la rencontre d’un éventuel ovocyte à féconder. Le col de l’utérus, qui fait à la fois partie de l’utérus et du vagin, porte à sa surface à la fois des cellules qui constituent la paroi du vagin, et des cellules qui constituent la paroi intérieure de l’utérus ou « endomètre ». Les deux parois se rejoignent en une « zone de jonction », où des cellules naissent sans cesse pour devenir soit des cellules vaginale, soit des cellules endométriales. La zone de jonction est une zone d’activité accélérée des cellules. Certaines de ces cellules se développent et multiplient parfois de manière anormale = ce sont des cellules pré-cancéreuses. Si elles ne sont pas éliminées par les défenses naturelles de l’organismes ou détruites par un traitement approprié, elles peuvent envahir et détruire les tissus environnants et devenir un cancer invasif.

Qu’est-ce qui provoque le cancer du col de l’utérus ?

Aujourd’hui, on sait que la cause n°1 de cancer du col de l’utérus est une famille de virus, qu’on appelle les HPV ou Human Papilloma Virus (papillomavirus humains).
Je dis « famille », car il existe plusieurs dizaines de de HPV. Parmi les quelque 100 « sous-types » HPV connus, un petit nombre sont responsables des cancers du col, en particulier les sous-types 16 et 18.

Mais le HPV n’est pas le seul facteur favorisant le cancer du col, il y en a d’autres (qu’on précise rarement). Le cancer du col est favorisé par :

- l’âge (la fréquence est maximale autour de 60 ans).
- la consommation de cigarettes (elle multiplie le risque par deux)
- la multiplicité des partenaires sexuels
- les premiers rapports sexuels à un âge précoce
- l’infection par le HIV, qui diminue l’immunité (et peut-être aussi les infections sexuellement transmissibles (IST) par Chlamydiae)
- les grossesses multiples
- l’utilisation de la pilule combinée (estrogènes + progestatifs) pendant plus de 5 ans (Mais ça ne justifie pas d’arrêter votre pilule, car le risque d’être enceinte est bien supérieur à celui de contracter un cancer du col de l’utérus, et parce que la prise de pilule pendant huit ans fait baisser le risque global de cancer chez son utilisatrice en réduisant le risque de cancer de l’ovaire, en particulier...)

Un « facteur de risque », c’est quoi ?

C’est une situation qui favorise parmi les personnes qu’elle concerne, l’apparition d’une maladie plus souvent que parmi les personnes qu’elle ne concerne pas.
Autrement dit, quand on dit que le tabac est « un facteur de risque » du cancer du col de l’utérus, cela veut dire que parmi les femmes qui fument, ce cancer est plus fréquent que parmi les femmes qui ne fument pas.

« Plus fréquent », ça veut dire quoi ?

Si l’on prend l’exemple du tabac, le risque de cancer du col est deux fois plus grand pour les fumeuses que pour les non-fumeuses. Deux fois plus grand, c’est impressionnant, comme ça, mais il faut rappeler que le risque « de base » pour les femmes qui ne fument pas est de... 1 pour 1000. POur les femmes qui fument, il est donc de 2 pour 1000.

Le cancer du col est-il fréquent ?

Voici les chiffres : sur les 471 000 cas nouveaux par an dans le monde, 80% touchent des femmes dans les pays en développement
En France, on a diagnostiqué en 2000 :
- 3400 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus
- 17000 nouveaux cas de cancer du côlon chez la femme (5 fois plus)
- 41 900 nouveaux cas de cancer du sein en France chaque année (12 fois plus...)

Ce n’est donc pas le cancer le plus fréquent, il arrive au 21ème rang des cancers et représente 2,9 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancers chez les femmes (8ème rang des cancers féminins). Ce commentaire n’est pas destiné à en minimiser la gravité : pour la personne qui en est atteinte, tout cancer est une catastrophe, et le cancer du col n’échappe pas à cette règle. Mais sa fréquence est similaire à celle du cancer de l’ovaire, qui est depuis toujours considéré comme un cancer peu fréquent, dont la fréquence a d’ailleurs baissé depuis la généralisation de l’utilisation de la pilule contraceptive. (Voir cet article

La fréquence et la gravité du cancer du col a beaucoup baissé dans les pays développés en raison d’une seule chose : le frottis de dépistage.


2. LE FROTTIS DE DEPISTAGE

Qu’est-ce que le frottis de dépistage ?

Le frottis est un examen simple, il consiste (comme son nom l’indique) à frotter le col de l’utérus avec un coton-tige ou avec un petit « balai » spécial et à examiner les cellules recueillies au microscope pour y chercher d’éventuelles anomalies.

Le frottis ne recherche pas des cancers, mais des anomalies cellulaires qui sont, parfois, pré-cancéreuses. On appelle ces anomalies des « dysplasies ».

Que faut-il faire si mon frottis montre que j’ai une dysplasie ?

Ça dépend de votre âge. On sait aujourd’hui que la grande majorité des dysplasies qui apparaissent pendant les premières années d’activité sexuelle vont disparâitre spontanément. C’est la raison pour laquelle les Britanniques ne recommandent pas le frottis systématique avant l’âge de 25 ans. En effet, les « anomalies » observées rentrent le plus souvent dans l’ordre sans traitement. À quoi bon, alors, inquiéter des femmes pour rien ?
Passé 25 ou 30 ans, la découverte d’une dysplasie au frottis incite à faire deux choses :
- à renouveler le frottis au bout de 6 mois, pour vérifier que la dysplasie persiste
- si la dysplasie persiste au bout de 6 mois, à rechercher la présence d’un HPV « cancérigène » et, si cette recherche est positive, à pratiquer une biopsie (on prélève un fragment du col de l’utérus pour l’analyser plus finement au microscope à la recherche de cellules cancéreuses.

Est-il utile que je me fasse faire un frottis chaque année ?
Si vos frottis sont normaux, non, car souvenez vous : on cherche à repérer des anomalies qui mettent longtemps (entre 5 et 10 ans) à apparaître. Les frottis annuels sont donc le plus souvent inutiles.
Sur le plan internantional, la fréquence actuellement recommandée des frottis est la suivante :
- premier frottis au plus tard à l’âge de 25 ans ou 8 ans après le premier rapport sexuel ; les frottis plus tôt sont inutiles, et il n’est pas du tout obligatoire de se faire faire un frottis quand on est adolescente pour se faire prescrire une contraception : CLIQUEZ ICI POUR EN SAVOIR PLUS
- un deuxième frottis un an après le premier ;
- ensuite, un frottis tous les 3 ans est largement suffisant ;
- il faut continuer les frottis jusqu’à 65 ans ;
- tout frottis anormal doit être refait au bout de 6 mois. S’il est anormal de nouveau, il est justifié de chercher si les anomalies sont dues à un HPV « à haut risque ».

Pour en savoir plus sur le frottis, CLIQUEZ ICI

Lisez les recommandations officielles françaises sur le dépistage du cancer du col


3. LES PAPILLOMAVIRUS ou "HPV"

Comment est-on contaminé par un HPV ?

Par contact sexuel mais aussi par simple contact cutané, de peau à peau, car le virus n’est pas spécifique des organes sexuels : il se transmet par les doigts aussi. Ce qui explique que les préservatifs, même si leur usage est vivement recommandé n’assurent pas une protection totale contre les HPV. Les HPV sont si courants dans la population (les hommes les transmettent autant que les femmes mais n’ont pas de symptômes) que tous les adultes (hommes et femmes) ayant une activité sexuelle sont contaminés par un HPV entre 16 et 25 ans.

Y a-t-il des traitements contre les HPV ?

Non, pas contre les virus eux-mêmes. On ne soigne, lorsqu’elles apparaissent, que les « verrues vénériennes » (ou « condylomes ») provoquées par certains HPV, et, évidemment, les lésions pré-cancéreuses provoquées par d’autres HPV (ce ne sont pas les mêmes). Il faut noter que l’immense majorité des contaminations par le HPV ne sont suivie d’aucune lésion et guérissent complètement.

Si je suis contaminée par un HPV « cancérigène », est-ce que je suis certaine de souffrir plus tard d’un cancer du col de l’utérus ?

Non, toutes les femmes contaminées par un HPV, même « à haut risque » ne souffriront pas d’un cancer du col. Car la plupart des infections à HPV guérissent sans traitement et ne provoquent pas de cancer plus tard.

Combien de temps se passe-t-il entre la contamination par le HPV et l’apparition d’un cancer du col ?

Cela, c’est une information qu’on ne vous donne jamais mais qui est pourtant cruciale. Entre le moment où une femme est contaminée par un HPV cancérigène et l’apparition de cellules anormales au frottis de dépistage (voir plus haut), il s’écoule... près de 10 ans ! . Ce qui donne largement le temps de rechercher des dysplasies (ou lésions pré-cancéreuses) par le frottis de dépistage régulier, tous les 3 ans.

Faut-il chercher à savoir si on a été ou non infectée par un HPV ?

Pas systématiquement. En effet, encore une fois, l’immense majorité des femmes sexuellement actives ont rencontré un HPV dès les premières années de relations sexuelles. Il n’est utile de rechercher un HPV « à haut risque » que si le frottis montre des anomalies (dysplasie) à deux reprises à 6 mois d’intervalle. (Voir plus haut).


4. LES [2] VACCINS ANTI-HPV

Le vaccin protège-t-il contre tous les virus HPV ?

Non, et loin de là. Le Gardasil protège contre quatre d’entre eux seulement, qui sont, pense-t-on, à l’origine de 70% des cancers du col et de 90% des verrues vénériennes ou condylomes.

Donc, le vaccin ne protège pas contre tous les cancers du col de l’utérus ?

Non. Il ne protège que contre 2/3 des HPV responsables de ces cancers Autrement dit, on ne peut pas parler de « prévention » du cancer du col par la vaccination, puisque vous pouvez très bien avoir été vacciné contre certains HPV et contracter d’autres sous-types qui provoqueront un cancer du col.

Mais le vaccin protège contre 90 % des virus provoquant les condylomes (ou « verrues vénériennes »). Est-ce que ça ne vaut pas la peine de se vacciner ?

Ça vaudrait la peine si ces virus étaient les mêmes que ceux qui provoquent les cancers, or il n’en est rien. Par ailleurs il existe des traitements efficaces des condylomes, qui sont des verrues très moches, mais bénignes.

Est-ce que le vaccin est sans danger ?
Si l’on en croit les fabriquants, oui. Mais ils n’ont pas un grand recul, puisqu’ils ne savent même pas s’il protège plus de cinq ans. On ne sait donc pas s’il faut revacciner régulièrement et on ignore quelles sont, à long terme, les conséquences individuelles et collectives du vaccin. Pour une protection incomplète, une telle incertitude est plutôt problématique.

J’ai vingt-cinq ans, puis-je me faire vacciner contre les papillomavirus ?

Vous pouvez, mais ça ne sert à rien : vous avez probablement déjà été contaminée. Il est plus utile de demander à avoir un frottis de dépistage tous les deux ou trois ans. Ainsi, si jamais vous présentez une dysplasie, elle sera traitée avant de se transformer en cancer.

Dois-je faire vacciner ma fille de 12 ans contre le HPV ?

Vous pouvez le faire, mais
1° ça ne la protègera pas contre tous les HPV et on ne sait pas pendant combien de temps
2° ça ne la dispensera pas de se faire faire des frottis de dépistage au même rythme que vous
3° cela risque de lui donner un faux sentiment de sécurité
4° cela l’expose à des effets secondaires encore inconnus (alors que le frottis de dépistage ne comporte aucun risque...)

Personnellement, je pense qu’il y a de fortes objections à vacciner sans leur consentement des mineurs pour prévenir des maladies contre lesquelles il existe un traitement ou une autre prévention possible. La vaccination contre le BCG vient enfin de cesser d’être obligatoire, je ne trouve pas justifié de lui substituer, par la peur, une vaccination contre le HPV !!!

Il est de plus inacceptable de culpabiliser les mères en les incitant à faire vacciner leurs filles contre le HPV.

Si vous décidez de ne pas faire vacciner votre/vos filles contre le HPV, vous ne commettez aucun crime, et vous ne les exposerez pas à un cancer.

Il sera beaucoup plus utile de les inciter à utiliser des préservatifs lors de leurs premiers rapports sexuels (pour éviter une MST), de les inviter à demander ensuite une contraception (pour éviter une grossesse), et de leur conseiller de se faire faire un frottis à partir de 25 ans...


EN RESUME
- Le cancer du col de l’utérus est provoqué par des virus, les papillomavirus, extrêmement répandus et le plus souvent bénins.
- Très peu d’infections à papillomavirus entraîneront un cancer.
- Dès le début de son activité sexuelle, toute personne rencontre des papillomavirus, qui se transmettent par voie sexuelle mais aussi par simple contact de la peau
- Des lésions précancéreuses du col de l’utérus mettent entre 5 et 12 ans à apparaître après contact avec le virus
- Le développement d’un cancer du col de l’utérus peut être prévenu par un frottis systématique de dépistage tous les deux ou trois ans entre 25 et 65 ans
- Les vaccins actuellement disponibles ne protègent que contre un petit nombre de virus (4 sur 100) !
- La vaccination ne protège pas contre l’apparition d’un cancer mais seulement contre certains des virus responsables.
- Les effets secondaires du vaccin à long terme sont inconnus.
- Même vaccinées, les femmes doivent, pour éviter un cancer du col, recourir au frottis de dépistage tous les 2 à 3 ans entre 25 et 65 ans.

Conclusion :
La vaccination contre certains papillomavirus est aujourd’hui possible pour les femmes qui le désirent ; elle n’est pas indispensable, lorsque la prévention est déjà effectuée par les frottis de dépistage ; comme la vaccination n’est absolument pas suffisante pour prévenir le cancer du col on peut donc se demander si elle est utile...

Comme nous manquons de recul sur ce vaccin, on peut se demander dans quelle mesure une vaccination élargie à une grande population n’équivaut pas, à l’heure actuelle, à une sorte d’expérimentation à grande échelle. Expérimenter un médicament sur une population volontaire, prévenue des risques, c’est une chose. L’expérimenter sur une population qui a été insuffisamment informée, c’est inadmissible.

Sur ce point, lire les conclusions de revues médicales indépendantes du monde entier

Martin Winckler

Lire les réactions de Véronique T., gynécologue, à cet article

Lire les réponses de Martin Winckler à Véronique T.


Rappel des références

Lisez les recommandations officielles françaises sur le dépistage du cancer du col

Lisez ce que dit le Réseau Canadien pour la Santé des Femmes au sujet du Gardasil
C’est intéressant...

Lisez ce que dit le bulletin Pharmacritique au sujet de 13 scientifiques allemands qui s’élèvent contre la campagne du Gardasil

Pour en savoir plus sur le frottis, CLIQUEZ ICI

Pour en savoir plus sur le vaccin et ce qu’on ne SAIT PAS à son sujet , lisez cette page de la revue indépendante Prescrire

Note du 26 septembre 2013

Une internaute m’écrit :

Concernant la vaccination contre le HPV, je suis étonnée de voir que vos articles datent de 2008...votre position n’a t elle pas évolué depuis ? Maman d’une jeune fille de 15 ans, je ne sais que faire à ce sujet, d’autant qu’autour de moi, les femmes sont très souvent touchées par ce virus....

L’article sur les HPV devrait être remis à jour bientôt, mais ma position est la même.

Rappelez vous que le HPV touche tout le monde (c’est un virus très fréquent) et qu’on ne devrait pas, pour cette raison, le rechercher systématiquement, mais seulement en présence d’anomalies au frottis. Car si on le cherche, on trouve les signes de son passage chez toutes les femmes (et la plupart des hommes, d’ailleurs) - c​e qui n’a aucun intérêt : il ne s’agit pas de savoir si les femmes ont rencontré des HPV (toutes en ont rencontré) mais, lorsqu’il y a des anomalies au frottis (et seulement à ce moment) si elles ont été exposées à un HPV potentiellement cancérigène. ​

La procédure est donc :
1°. Frottis à partir de 25 ans ​​(ou 8 ans après le premier rapport sexuel) car avant 25 ans, les "anomalies" sont souvent bénignes, rentrent dans l’ordre et ne nécessitent aucun traitement ;
2° en cas d’anomalie, refaire le frottis et, si l’anomalie persiste au bout de 3 à 6 mois, rechercher les HPV
3° traiter les lésions d’après leur aspect au microscope et non pas seulement parce qu’il y a un HPV.

Le vaccin, lui, ne change rien à l’attitude vis-à-vis du dépistage : il faudra continuer à faire des frottis tous les 3 ans à partir de 25 ans (ou 8 ans après le premier rapport sexuel) jusqu’à 65 ans. C’est la seule manière de dépister les lésions précancéreuses et d’éviter les cancer. Le vaccin protège contre les condylomes (et à ce titre il peut avoir un intérêt) mais pas contre le cancer du col, qui peut être provoqué par d’autres HPV, non présents dans le vaccin.

Et enfin, le vaccin a des effets secondaires rares, mais graves et imprévisibles, qui à mon avis ne valent pas la chandelle : entre s’exposer à une maladie neurologique liée au vaccin et s’exposer à des HPV majoritairement bénins, et dons les hypothétiques conséquences peuvent être prévenues facilement, il n’y a pas photo.

Personnellement, si j’étais interrogé par une jeune fille de 15 ans, je ne l’inciterais pas à se faire vacciner, mais je lui dirais, à l’âge de 18 ans - où il est encore temps de le faire - de regarder les données existantes et de prendre une décision à ce moment-là. S’il y a des éléments déterminants dans un sens ou dans l’autre, nous le saurons d’ici là. Pour le moment, il n’y a rien qui incite à modifier les conseils de prudence que beaucoup ont émis à la commercialisation du vaccin, et auxquels je continue à adhérer.

Martin Winckler


[1Pour ceux qui n’accèdent pas à You Tube, voici ce qu’il dit :

(Une femme adulte) « A l’origne du cancer du col de l’utérus »
(Une pré-adolescente) « Il y a un virus »
(Une femme adulte) « Le papillomavirus »
(Une femme adulte) « qui peut toucher la plupart d’entre nous »
(Deux adolescentes) « Et dès l’adolescence »
(Une femme adulte) « Mais des moyens de prévention existent pour éviter ce cancer »
(Une femme adulte) « Alors on doit agir »
(Une adolescente) « Il faut agir »
(Deux femmes adultes, dont une a manifestement 50 ans) « Toutes les femmes »
(Deux femmes, l’une adulte, l’autre adolescente ou jeune adulte, il est suggéré que c’est la mère et la fille) « Parlez en à votre médecin », « C’est important ».

[2Il existe à l’heure actuelle deux vaccins, le Gardasil de Sanofi/Pasteur/MSD et le Cervarix de Glaxo, qui a reçu en septembre 2007 l’autorisation de mise sur le marché en Europe. Actuellement, seul le premier est commercialisé en France.

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