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"Les Mal-aimants " le beau roman de Christophe Deshoulières
par Martin Winckler

27 avril 2008

Christophe Deshoulières et moi, nous sommes rencontrés il y a bientôt vingt ans, en 1990, à l’occasion du festival du Premier Romande Chambéry, dont nous étions cette année-là deux des invités. La « promotion » comptait également dans ses rangs Bernard Fauconnier, écrivain et critique et Victor Bouadjio, écrivain et directeur de la revue Ecrire Aujourd’hui avec qui Christophe et moi sommes respectivement restés amis depuis.

Bien qu’issus de milieux différents, formés par des itinéraires aussi dissemblables que possible (la rue d’Ulm pour lui, la faculté de médecine de Tours pour moi), invités pour des romans de forme et de contenus apparemment très opposés - un formidable roman de 800 pages, Madame Faust (Julliard, 1989), pour lui et le discret La Vacation, (POL, 1989), pour moi - nous sommes devenus amis sur-le-champ. Et nous le sommes restés.

Le texte qui suit n’est donc pas l’article d’un critique, mais le texte d’un ami.


Le lundi 28 avril entre 12 et 13 heures sur France Musique, écoutez Christophe Deshoulières présenter la "bande originale" de son roman dans l’émission de François Castang "A portée de mots".




Christophe Deshoulières est écrivain, metteur en scène, journaliste, musicologue (et spécialiste de Berlioz) - bref, c’est un artiste. Professeur d’université, il a bien entendu beaucoup géné : les institutions n’aiment pas les artistes qu’elles n’arrivent pas à stériliser en leur donnant des titres. Ce printemps, Christophe publie le troisième volet du triptyque romanesque inauguré avec Madame Faust et poursuivi en 1999 avec Mémoires d’Aramis. Cette fois-ci encore, il s’agit d’un roman volumineux (près de 1150 pages), à la fois épique et littéraire, ironique et grave, dense et léger.

Il s’intitule Les Mal-aimants et nul ne peut en parler mieux que l’auteur lui-même.

Voici le texte de présentation de son roman.

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Dix beaux jeunes gens s’isolent en Toscane, sur les hauteurs de Florence, et se racontent des histoires(de sexe, bien entendu). S’agit-il du Décaméron, que Boccace situait pendant la grande peste de 1348 ?Non, nous sommes autour de l’an 2000 à la Villa Malìn et nos amis, pensionnaires du hasard, orphelins privés de catastrophe, jouissent du bel été italien sans rien faire... Mais ce « rien » est-il matière à écrire ?

Nos petites histoires navrantes ont-elles un lien avec l’autre histoire ?

Plaisir simple du livre de l’été : la paresse de nos vacances s’y double d’un vrai roman d’aventures avec complots, masques, combats au sabre ou au pistolet, galopades et gaillardises bien troussées. Au bordel sous Napoléon 1er, un duo saphique, Coralie et Delphine, charme deux clients qui ont le même nom : Fourier et Fourier.

Charles et Joseph inventent la même chose : des« séries ». Des séries mathématiques pour Joseph, pionnier de la physique moderne et des statistiques ; des « séries passionnées » pour Charles, l’utopiste de la liberté sexuelle ; des séries de séries qui exaltent « la propagation de la chaleur », sexes en rut, fûts de canon.

De l’amour à la guerre, entre France et Italie, l’ironie cruelle de l’Histoire modifie les lois de l’attraction magnétique : les aimants se repoussent au lieu de s’attirer. De nos jours, les « séries » ne sont que télévisées. Fade ou grotesque, la comédie du savoir et de l’art ne cultive plus que notre mélancolie.

Néanmoins, polarisés ensemble, Bien-pensants et Mal-aimants, en avance ou en retard d’un siècle oud’une génération sur le Grand Soir de l’amour libre, croient toujours au Paradis.

Télécharger le livret de présentation et les « bonnes feuilles » du roman de Christophe Deshoulières




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