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En souvenir d’André

"Chevaliers des touches" - un blog pour écrivants

Un blog où l’on parle cuisine de l’écriture. Papiers, ciseaux, stylos, claviers. MW

Vous y trouverez : des textes de MW sur son métier d’écrivain, des propositions d’exercices d’écriture et les textes et commentaires des participants au blog.


Martin Winckler - P.O.L Editeur

Les ouvrages de Martin Winckler chez P.O.L : La Vacation, La Maladie de Sachs, Légendes, Plumes d’Ange, Les Trois Médecins, Histoires en l’air, Le Chœur des femmes, En souvenir d’André


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Si les intellectuels pouvaient contribuer à un peu moins relayer les forces sociales dominantes, ce ne serait déjà pas si mal. Pierre Bourdieu

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Débat éthique (suite)
Relation de soin : des questions de fond
par Antoine Poichotte et M. Zaffran/M. Winckler - 6 juillet 2014

Antoine Poichotte est chirurgien orthopédiste. Il a lu "La maltraitance médicale est (vécue comme) un viol" et il m’a écrit. Voici notre échange.

Je viens de lire votre article.

Je suis parfaitement d’accord que rien ne doit être fait sans l’accord express du patient (hors urgence « vraie »).

J’ai trois réflexions :

— j’ai de la famille qui vit aux Pays-Bas et qui est très étonnée des consultations de médecine générale là bas : les médecins ne touchent jamais au patient. Aucun examen clinique. Uniquement l’interrogatoire. On peut raisonnablement se poser la question de la qualité d’une consultation sans examen. Les généralistes néerlandais ont d’ailleurs la possibilité de facturer des consultations téléphoniques, donc là aussi sans examen. Ne sont-ils pas passés à un extrême, au nom de l’éthique ? C’est sûr que sans toucher au patient on ne risque pas de le maltraiter (physiquement) et encore moins de le violer. Mais fait-on correctement son travail ?

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Réflexions
L’hymen, mythes et réalités - rappels anatomiques et réflexions éthiques
par Marc Zaffran/Martin Winckler - 1er juin 2014

A l’occasion d’une demande d’information sur la contraception, une jeune femme me pose également des questions sur l’hymen : est-ce que la pose d’un diaphragme pourrait le perforer ? Et si oui, comment se fait-il qu’on peut mettre des tampons sans le perforer ?

Après lui avoir répondu succinctement, je me suis mis à réexplorer la question, qui n’est pas aussi anodine pour certaines femmes qu’elle peut le sembler aux yeux des médecins.

Ceci est une suite de réflexions suscitées non seulement par l’échange mentionné ci-dessus, mais aussi par la lecture d’une revue de presse scientifique datant de 2012.

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Parole du patient, éthique du soignant
par MZ/MW, Conférence internationale d’éthique clinique, Paris 2014 - 27 avril 2014

Le jeudi 24 avril 2014 s’ouvrait la conférence internationale d’éthique clinique (ICCEC). Voici le texte de la conférence que j’avais été invité à donner.
Elle n’a pas pour vocation d’être équilibrée (elle n’aborde la relation que du côté du patient). Dans un livre à venir (la relation de soin), le côté du soignant de bonne volonté (qui souffre aussi, souvent) sera abordé de manière équivalente. Dans un article à venir sur ce site, je suggèrerai aux patients de bonne volonté * qu’il est souhaitable aussi de soigner son soignant, et je donnerai quelques pistes... (* Les patients de mauvaise volonté ne lisent pas ce site, pas plus que les soignants de mauvaise volonté...)

MWZ

"Aujourd’hui, je vais vous parler de ce qui devrait être. Vous n’aurez pas de mal à en déduire ce qui, malheureusement, n’est pas encore. Ce que je tente d’exprimer ici n’est pas une suite de dogmes, mais une série d’intuitions et d’aspirations.

Patient et soignant sont tous deux des humains. Ils arpentent tous deux la route dangereuse, imprévisible et finie de la vie. Peu de chose, symboliquement, les différencient. En pratique, ce qui les sépare est leur situation.

Le patient est un humain tombé dans un fossé (un ravin, un gouffre) et souffre. Il demande de l’aide à ses proches et, parfois, à un soignant. Le soignant est un humain qui dispense des soins. Parfois c’est un geste spontané, désintéressé ; parfois, c’est un métier choisi et il en vit. Dans un cas comme dans l’autre, c’est son attitude qui fait de lui un soignant, et non son statut.

Pour aider le patient à sortir du fossé (du ravin, du gouffre), le soignant dispose d’un point d’appui (son savoir) et d’un levier (son savoir-faire, ses expériences). Sa mission : ramener le patient sur la terre ferme, l’empêcher de tomber plus bas, lui éviter d’être englouti dans les sables mouvants.

Le soignant délivre des soins, des encouragements, de la réassurance. Le patient les reçoit et donne, en retour, beaucoup de gratifications – de la confiance, de la reconnaissance, de l’argent ; il contribue à la réputation, à la renommée du soignant. Ainsi, la relation de soin est une relation d’entraide, une relation de partage. Ce n’est pas une relation de pouvoir, ni d’une part, ni de l’autre. Le pouvoir s’exerce sans partage. Pouvoir et soin sont incompatibles.

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#PrivésdeMG — Médecine générale : dernier arrêt avant le désert
23 septembre 2013

Madame la Ministre de la santé,

Qui a soigné vos grands-parents ? S’ils avaient un médecin près de chez eux, c’était un MG, probablement, et il les a reçus à son cabinet, et il allait chez eux soigner leurs enfants (donc, vos parents).

A qui vos parents vous ont-ils amenée quand vous aviez une angine, une bronchite ou une varicelle carabinée ? A moins qu’ils n’aient eu un pédiatre dans le quartier, chez leur MG, probablement.

Qui soignait vos voisins de palier quand vous étiez étudiante ? A moins que tout le monde n’ait fréquenté les urgences hospitalières, à l’époque, c’était un MG, probablement. Et peut-être qu’il vous soignait, vous aussi.
A moins que vous ne soyez retournée chez votre médecin de famille pendant vos vacances universitaires...

Toutes les études économiques sérieuses montrent qu’un réseau organisé de soignants de proximité bien formés, bien rémunérés et valorisés permet de réduire les dépenses de santé en améliorant la délivrance des soins. Car ce qui coûte le plus cher, c’est l’hôpital et l’absence de coordination des soignants.

Une société moderne a certes besoin d’hôpitaux, et de services spécialisés, mais elle a besoin, plus que jamais, de faire la part entre les infrastructures lourdes et les soins primaires, indispensables pour la plus grande partie de la population, dont il faut maintenir l’état de santé avant qu’elle ne tombe malade.

Toute la planète sait que les soins primaires doivent être délivrés par des soignants de proximité : infirmières, sages-femmes, kinésithérapeutes, dentistes, médecins généralistes. La France, de plus en plus, semble l’ignorer, ou faire comme si ça ne pouvait plus être vrai.

Il est temps de changer de cap, et d’orienter votre politique de santé vers le développement de la médecine générale, pivot des soins de proximité, pour éviter que la population française ne soit, très bientôt, privée de ses soignants de première ligne.

Martin Winckler

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Réflexion
La fleur fanée
Elie Arié - 13 juillet 2012

Emotion générale (moi inclus) devant la mort d’Olivier Ferrand à 42 ans, et hommages unanimes, y compris de la part de ceux qui avaient violemment combattu ses idées.

Pergolèse est mort à 26 ans, Schubert à 31 ans, Bellini à 33 ans, Mozart à 35 ans, Purcell à 36 ans, Chopin à 39 ans ; Alban Berg, lui, a vécu vieux, il est mort... à 50 ans ; pour ne parler que des compositeurs de musique. Que dire du conquérant, sans équivalent dans l’Histoire, Alexandre le Grand, mort à 32 ans, ou de l’illustre mathématicien Evariste Gallois, mort à 20 ans ?

Si, même pour leurs époques, c’était jeune, cela n’avait rien d’exceptionnel ; et, surtout, cela n’était pas perçu ni par eux-mêmes ni par leurs contemporains, comme des drames particuliers, mais comme des choses « normales », comme des choses qui arrivaient tous les jours à des tas d’autres gens du même âge - et, pour le vécu personnel de toute situation, c’est la perception qui est sans doute l’essentiel.

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35 ans après la loi Veil, l’accès à l’IVG est menacé en France
par Selina Kyle - 5 décembre 2011

Je reproduis ici un article de Sélina Kyle, animatrice par ailleurs du site "Déchaînées
". J’invite les internautes à lire la suite du texte sur son site d’origine, ainsi que ses autres texte. Son blog et son site sont des lieux d’expression importants sur la liberté des femmes et abordent de front les questions qui se posent en permanence à ce sujet. MW


35 ans après la loi Veil
La situation est préoccupante en matière d’avortement...

Des centres IVG ferment, les médecins sont de moins en moins nombreux à accepter d’en pratiquer (les anciens "militants" partent à la retraite), leur corporation s’oppose par ailleurs à ce que les sages-femmes puissent assumer ce rôle (et parmi elles, certaines évoquent aussi une opposition de principe à exécuter cet acte). Obtenir un rendez-vous pour une interruption volontaire de grossesse est pour bon nombre de femmes un véritable parcours du combattant. Et quand on n’est plus dans les délais légaux (12 semaines de grossesse), que faire ? On constate une augmentation du nombre de femmes qui vont avorter à l’étranger, là où les délais légaux sont plus longs (souvent aux Pays-Bas, en Espagne ou en Angleterre). Entre 5000 et 6000 femmes seraient concernées chaque année.

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Boris Vian dans La Pléiade
par Marc Z - 14 octobre 2010

Boris Vian est désormais dans la Pléiade. Deux volumes rassemblent tous ses romans, toutes ses nouvelles ainsi que des scénarios, articles et textes peu connus mais épatants, accompagnés de notes minutieuses mais toujours gaies et intéressantes de Marc Lapprand, Christelle Gonzalo et François Roulmann. Si vous ne devez acquérir qu’une Pléiade, c’est celle-là !!!!


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Censure et autocensure en France : quelques observations et expériences personnelles
par Marc Zaffran/Martin Winckler - 14 février 2010

Le 12 février 2010, la presse française révèle qu’une artiste chinoise, Ko Siu-Lan, qui avait installé quatre bannières portant les mots "Travailler", "Plus", "Gagner", "Moins" sur la façade de l’école des Beaux-Arts de Paris, a vu son oeuvre retirée à la demande du Directeur de l’école au motif que celui-ci les jugeait trop provocatrices à l’égard de Nicolas Sarkozy (dont les quatre mots constituent l’un des slogans) et de l’Education Nationale (qui décide du budget de l’école).

Plutôt qu’entrer dans la discussion de cette nouvelle et l’analyse de son sens politique, je préfère décrire ici, de manière détaillée, les expériences personnelles liées à la censure ou à l’auto-censure en France dont j’ai été le témoin plus ou moins concerné au cours des quarante-cinq dernières années - oui, vous avez bien lu... Ceci pour souligner que censure et auto-censure ne sont nullement spécifiques du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais qu’elles imprègnent la France depuis de très nombreuses années.
Pour illustrer mon propos, je prendrai des exemples dans les deux milieux que je connais le mieux : celui des médias et celui de la médecine.

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Rupture(s), 2
par Nell - 30 janvier 2010

"Parfois, il faut décider de rompre."

Ce simple mot fait peur. Des ruptures, il y en a tant eu... Des réelles, avec des portes qui claquent, des cris et des larmes ou à coups de lettres de plusieurs pages et des nuits blanches dans l’attente de la sonnerie du téléphone.

Des ruptures rêvées, décidées puis auxquelles on a renoncé, celles au bout desquelles on aurait dû aller parce que le manque de courage se paye toute une vie.
Des ruptures pour voir... un coup de bluff pour vérifier si...

"Avec les conventions."

Aller à contre-courant, s’essayer à l’incorrect, le pernicieux, à l’insolence pour respirer un peu...

"Avec le passé ou le présent."

Et même avec le futur, seule façon de le découvrir.

"Avec son métier, sa fonction, son rôle."

Se dire qu’il n’est jamais trop tard pour recommencer, se donner une chance de changer de place et voir ce que ça donne. Pour entendre d’autres mots, être salué autrement, comprendre, se réveiller enfin...

"Avec certains de ses proches, ou tous à la fois."

Pour apprendre à vivre sans eux et qu’ils sachent un jour que nul n’est indispensable. Ne plus accepter, ne plus se laisser mal aimer, tourner le dos au sacré.

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Rupture(s)
par Marc Zaffran (Martin Winckler) - 14 janvier 2010

Parfois, il faut décider de rompre.
Avec les conventions.
Avec le passé ou le présent.
Avec son métier, sa fonction, son rôle
Avec certains de ses proches, ou tous à la fois.
Avec l’image qu’on se fait de soi-même et qu’on laisse les autres se faire.
Avec une accoutumance ou une simple habitude.
Avec une punition auto-infligée, récurrente, régulière, lancinante.
Avec le rythme de ses journées.
Avec ses certitudes et ses obligations.
Avec ceux à qui l’on s’est donné pieds et poings liés.
Avec sa manière de s’habiller, de manger, de dormir.
Avec son aspect policé.
Avec les mots qu’on utilise
et la manière dont on les dit
Avec les lieux et les visages.
Avec les murs et les rivages.
Avec les miroirs et les voix.

Marc Zaffran (Martin Winckler)

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