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Tout ce que les femmes doivent savoir pour se faire poser un DIU (" stérilet ")
par Martin Winckler
Article du 8 octobre 2015

(Article mis à jour le 8 octobre 2015)


Régulièrement, je reçois des messages d’internautes ou, en consultation au centre de planification, des femmes qui me déclarent :

Je désire me faire poser un DIU ("stérilet"), mais mon médecin refuse car je n’ai jamais eu d’enfant.

De fait, nombre de médecins français refusent encore un DIU aux patientes (le plus souvent jeunes) qui les consultent, et leur proposent une contraception moins fiable, ce qui est inacceptable : d’après une enquête récente, il y a jusqu’à vingt fois moins de grossesses par échec de DIU que par échec de pilule !!!

Or, l’utilisation d’un DIU chez la femme sans enfant est reconnue explicitement par les autorités sanitaires françaises Lire les recommandations officielles de la HAS (anciennement ANAES), publiées en décembre 2004

Tout ce qui est dit ici n’est pas de mon invention, c’est ce qu’on peut trouver sur les sites internationaux qui parlent de contraception, en particulier pour les soignants des pays en développement. Lire la page consacrée à la contraception sur le site de l’OMS.

Voici tout ce qu’il faut savoir si vous êtes intéressée par ce type de contraception.
MW


Attention !!! Ajout important (Octobre 2015) sur cette page concernant le dispositif Jaydess.

Qu’est-ce qu’un DIU ?

Le DIU, abréviation de " dispositif intra-utérin " (mal-nommés " stérilets " - car ils ne rendent pas stériles) est un dispositif contraceptif inséré dans l’utérus d’une femme qui désire une contraception - temporaire ou durable - plus efficace et moins contraignante qu’une pilule.

NB : Désormais, en France, les sages-femmes peuvent prescrire toutes les contraceptions. Elles posent de plus en plus souvent des DIU. Pensez aux sages-femmes pour votre contraception !!!!! Les jeunes SF ont souvent beaucoup moins de préjugés que les gynécologues !!!


Un DIU, est-ce que ça provoque un "mini avortement", comme on le dit parfois ?

Pas du tout. Je l’explique dans un autre article : cliquez ICI


Quels sont les deux types de DIU ?

Il existe deux catégories de DIU : au cuivre et hormonal

les DIU au cuivre , sont des dispositifs mesurant moins de 4 cm de long, le plus souvent en forme de " T ", composés de plastique recouvert d’un fil et de manchons de cuivre. Plus la surface de cuivre est grande, plus le DIU est efficace, car c’est le cuivre qui est contraceptif : il est spermicide, ce qui signifie qu’il détruit les spermatozoïdes avant qu’ils aient traversé l’utérus et ne se dirigent vers la trompe (où les attend un ovocyte...)

Voir la liste des DIU actuellement commercialisés en France

Plusieurs DIU sont plus spécifiquement destinés aux femmes sans enfant, en particulier :

UT 380 : 380 mm², qui dispose de deux tailles : " standard " et " short ", la seconde destinée aux femmes sans enfants.

et surtout

NT 380 "short" : 380 mm² de cuivre. C’est à l’heure actuelle le plus petit DIU au cuivre disponible, et le plus facile à poser aux femmes n’ayant pas d’enfant. Si vous êtes dans ce cas, c’est celui-là que je vous conseille de demander à votre médecin.

Les "Mona Lisa" sont identiques aux UT et NT 380 (ils ont la même forme)

Le DIU de référence actuellement

TT 380 : 380 mm² de cuivre

C’est actuellement, le DIU au cuivre de référence dans le monde entier, et en France il est agréé pour être laissé en place 10 ans aux USA, il est agréé pour 12 ans ! ! ! Il existe en deux tailles (dont une pour les femmes sans enfant).

Les recommandations actuelles en matière de contraception par DIU au cuivre sont les suivantes :
- un DIU au cuivre peut être une première contraception, et peut être proposé à une jeune femme (moins de 20 ans) si elle le désire ;
- un DIU peut être inséré juste après une IVG ou un accouchement par césarienne (avant suture de l’utérus) et 4 semaines après un accouchement par voies naturelles ;
- tous les DIU au cuivre ayant plus de 370 mm2 de cuivre peuvent être laissés en place au moins 7 ans ; certains peuvent être laissés 10 ans ; donc, inutile de vous précipiter pour vous faire retirer un DIU après 4 ou 5 ans d’utilisation !!!
Si vous voulez que les médecins vous fichent la paix demandez spécifiquement un TT 380 ou un Mona Lisa 380 dont la notice mentionne explicitement qu’on peut les garder 10 ans.
- choisissez un DIU pour 10 ans même si vous prévoyez d’avoir une grossesse avant ça. Qui peut le plus peut le moins, et c’est le même prix !
- tout DIU au cuivre posé à une femme de 40 ans ou plus peut être laissé en place jusqu’à la ménopause sans être changé ;


L’efficacité des DIU au cuivre

La proportion de grossesses avec un TCu 380A (TT 380) est de 0,5 % par an (1/2 grossesse pour cent femmes par années d’utilisation, autrement dit : 1 grossesse pour 100 femmes pour 2 ans d’utilisation).

Il y a trois fois moins d’échecs de DIU que d’échecs de pilule !!!

Consulter le document de la Fédération Internationale de Planification Familiale en cliquant ici


- Deux DIU qui n’ont pas d’avantage sur les autres, mais un gros inconvénient :

Le Multi-Load CU375 et son générique et copie Gynelle semblent plus susceptible que les autres d’augmenter la durée et le volume des règles, à cause de sa forme particulière. Personnellement, de même que les spécialistes britanniques, je n’en prescris plus.

A retenir !

Il n’est jamais urgent d’enlever un DIU au cuivre pour le remplacer par un autre !

Quand vous faites remplacer un DIU, refusez qu’on vous fasse le retrait et la pose du suivant à deux consultations différentes ! On peut retirer un DIU et poser le suivant le même jour, et ça ne rompt pas l’efficacité contraceptive !!!


2° le DIU hormonal (nom de marque : Mirena°) contient une hormone progestative qui est délivrée en petites quantités pendant cinq (5) ans.

Cette hormone a plusieurs effets intéressants :
- elle épaissit les sécrétions du col (" entrée " de l’utérus) et les rend infranchissables par les spermatozoïdes

- elle diminue l’épaisseur de l’endomètre (" tapisserie interne de l’utérus ") et diminue donc également la durée et le volume des règles ; certaines utilisatrices de Mirena° n’ont d’ailleurs pas de règles pendant 5 ans, ce qui n’a aucune incidence sur leur santé et ne compromet pas leur fertilité si elle désirent retirer le DIU et planifier une nouvelle grossesse.

- elle diminue les douleurs que certaines femmes ressentent au moment des règles

L’efficacité du DIU Mirena est très grande : la fréquence des grossesses est inférieure à 0,5 %.

Le récent (2014) dispositif "Jaydess" est, ni plus ni moins, qu’un Mirena de petite taille et apparemment moins intéressant que l’original !!! Il a les même effets secondaires, et il n’est pas démontré qu’il soit aussi efficace que le Mirena. Il délivre en effet moitié moins de progestatif par jour que Mirena, ce qui semble diminuer son efficacité : dans le seul essai qui a comparé Jaydess à Mirena, il y a eu 2 grossesses (dont 1 extra-utérine) dans le groupe Jaydess, aucune dans le groupe Mirena !

Sa taille est souvent invoquée pour le poser aux femmes qui n’ont pas eu de grossesse encore, mais il n’est même pas sûr qu’il soit plus facile à poser qu’un Mirena (qui était fréquemment posé en Angleterre aux femmes sans enfant).

Si vous optez pour un DIU hormonal, choisissez le Mirena, dont l’efficacité est connue, et la pose déjà bien maîtrisée par les praticien.ne.s qui le posent. CHoisir "Jaydess", c’est seulement aller dans le sens du marketing, non de connaissances scientifiques éprouvées.

Source : La revue Prescrire Novembre 2014, p 807.


Discussion à propos de Jaydess°

Après avoir lu cette mise au point, une collègue généraliste chevronnée (@DocArnica) m’écrit : "J’ai vu ta mise à jour pour le DIU. Je posais Mirena aux jeunes et j’ai essayé Jaydess. Il passe vraiment plus facilement. Mirena est quand même nettement plus volumineux.Je pense que Jaydess est quand même plus efficace qu’une COP (contraception oestro-progestative), tu crois pas ?"

Réponse de MW  : Je pense effectivement que Jaydess est une meilleure contraception qu’une pilule mal tolérée (ou qu’on oublie) ou que pas de contraception du tout. Mais est-il plus efficace qu’un Mirena ou un DIU au Cuivre ? On n’en sait rien, et c’est un problème. C’est ce que met en évidence l’article de Prescrire cité plus haut, et dont on peut lire le PDF en cliquant sur l’icône ci-dessous.

PDF - 203.2 ko

Il me semble préférable, pour Jaydess comme pour les autres méthodes, de procéder en demandant aux femmes de choisir en connaissance de cause : une pilule ou un DIU, un DIU au cuivre ou un DIU hormonal et un DIU hormonal éprouvé (et connu) ou un DIU hormonal dont l’efficacité est peut-être moindre (et les grossesses observées plus préoccupantes). Je ne crois pas qu’il soit souhaitable de faire ce choix pour elles, mais de leur demander, en les prévenant et en leur donnant tous les éléments (une pose plus facile justifie-t-elle une efficacité plus aléatoire ?) de choisir.

L’immense majorité des femmes, même jeunes, préfèreront choisir ce qui LEUR paraît le plus acceptable, et c’est au médecin de s’y plier, même si ça n’est pas son choix (rationnel ou non). Ce n’est pas du tout la même chose de poser Jaydess à une femme qui sait que le risque de GEU (ou d’échec) est plus important qu’avec un Mirena, que de lui dire "Vous allez voir, c’est plus facile à poser". On peut poser des Mirena à des femmes très jeunes (je l’ai fait de nombreuses fois, et les Britanniques le faisaient bien des années avant). Ca peut être inconfortable, mais ça peut aussi être indolore.

Si la pose d’un MIrena se révèle impossible (ou trop pénible) il est légitime de proposer Jaydess si le choix s’est porté sur un DIU hormonal, mais avant de proposer systématiquement Jaydess aux jeunes femmes (chez qui, je le rappelle, les échappement ovulatoires et les grossesses sont déjà fréquents même sous pilule), je voudrais être assuré de son efficacité - et ce n’est pas le cas actuellement.

Il n’est pas souhaitable que le médecin "penche" pour une contraception même si c’est parce qu’elle est indolore ou plus facile à utiliser - car l’efficacité est au moins aussi importante que le confort et c’est à la femme de faire l’équilibre pour elle entre les deux ; il me semble plus juste de donner tous les éléments à la femme et de respecter son choix. Car, quels que soient les inconvénients prévisibles ou non, c’est elle qui en assumera les conséquences ; il est donc plus juste - à mon avis - que ce soit elle qui désigne les risques qui lui semblent acceptables, pour elle.


Ci-dessus : le DIU Mirena. Sa branche verticale est un réservoir contenant un progestatif, hormone contraceptive présente dans toutes les pilules et autres méthodes hormonales (implant, injectables). Il est efficace pendant au moins 5 ans (et probablement jusqu’à 7, d’après les spécialistes britanniques de la contraception).



JE N’AI PAS D’ENFANT, PUIS-JE ME FAIRE POSER UN DIU ?

Oui ! L’Organisation Mondiale de la Santé et la Fédération Internationale de Planification Familiale ont toutes deux déclaré que même chez les femmes de moins de 20 ans, qu’elles aient eu ou non des enfants, les avantages d’un DIU sont largement supérieures à ses inconvénients.

La très officielle Haute Autorité de Santé (HAS), agence française gouvernementale, affirme la même chose dans un document tout aussi officiel publié en décembre 2004. Lire les recommandations officielles de la HAS, publiées en décembre 2004
Faites-le lire à votre médecin !!!

NB : Désormais, en France, les sages-femmes peuvent prescrire toutes les contraceptions. Elles posent de plus en plus souvent des DIU. Pensez aux sages-femmes pour votre contraception !!!!!


Je porte un DIU. L’été approche et j’ai entamé un régime. J’ai déjà perdu 4 kg et je compte en perdre une dizaine ; le stérilet peut-il se déplacer ? (j’imagine qu’on maigrit de partout, même des organes internes non ?)

Encore une légende ; mais, contrairement à l’idée selon laquelle les anti-inflammatoires-annulent-les-effets-du-DIU (légende, elle aussi, comme on peut le constater en cliquant ICI, je n’en connais pas l’origine... Elle ne correspond à aucune réalité démontrée.

L’utérus est un organe constitué de muscle, et il n’y a pas de graisses dedans (seulement autour). Donc, une perte de poids n’a aucune raison de le faire "maigrir", (pas plus que le coeur et les poumons ne maigrissent quand on perd du poids : il n’y a que la graisse située sous la peau qui s’en va) ni de "déplacer" votre DIU, d’autant plus que votre utérus a une cavité toute petite, car vous n’avez pas encore mené de grossesse à terme. Le DIU y est donc bien en place. La seule chose qui pourrait le déplacer serait des contractions importantes... et vous le sentiriez : un DIU qui se déplace, ça fait mal. Si vous l’oubliez (comme c’est probablement le cas), vous n’avez pas de souci à vous faire.


PEUT-ON ME REFUSER LA POSE D’UN DIU ?
Si vous n’avez pas de contre-indication formelle, en principe, non !
Mais en France, de fait, nombre de gynécologues ou de médecins généralistes refusent souvent de poser des DIU aux femmes sans enfant, ce qui n’est absolument pas scientifique.

Attention !!!! Désormais, en France, les sages-femmes peuvent prescrire toutes les contraceptions. Elles posent de plus en plus souvent des DIU. Pensez aux sages-femmes pour votre contraception !!!!! et en particulier pour les DIU

Certains médecins déclarent que les DIU peuvent provoquer des infections : c’est faux, ce sont les Maladies sexuellement transmissibles - MST - qui provoquent les infections, et elles sont transmises par le(s) partenaire(s) sexuel(s), pas par le DIU

Certains affirment qu’un DIU peut provoquer une stérilité : c’est faux, ce sont les infections non traitées qui peuvent provoquer une stérilité, or, elles sont dues aux MST - donc aux partenaires sexuels - et non au DIU...

Certains praticiens vous diront peut-être qu’il est " interdit " de poser un DIU aux femmes sans enfants : c’est faux : le Sertalia (DIU au cuivre qui a été retiré du marché) était officiellement agréé pour être posé aux femmes sans enfants (" nullipares "). Le UT 380 et le NT 380 ont deux tailles - dont l’une est destinée aux femmes sans enfant... Le MLCU 375 a lui aussi une grande et une petite taille...

Bonne nouvelle !!! Depuis le 7 décembre 2004, les recommandations officielles de la HAS (Haute Autorité de Santé) déclarent très explicitement que le DIU n’est pas réservé aux femmes ayant eu des enfants.

Lire les recommandations de la HAS

Vous pouvez transmettre ces recommandations officielles à votre médecin (généraliste ou gynécologue). Si ça ne suffit pas à le convaincre de vous poser un DIU, changez de médecin. !!! Ou consultez une sage-femme !!!


QUEL DIU CHOISIR ?
- vous avez déjà été enceinte et avez accouché au moins une fois  : demandez à ce qu’on vous pose un TT 380 (que vous pourrez garder très longtemps - 10 ans ! ) ou un Mirena° (si vous êtes sujette à avoir des règles abondantes). Evidemment, vous pouvez parfaitement essayer l’un des deux et, si vous ne le tolérez pas bien, le faire changer pour l’autre modèle.

ATTENTION : Il est très fréquent qu’un médecin refuse de poser un type de DIU parce qu’il... n’a pas l’habitude de le faire. Ce n’est pas une bonne raison : tous les DIU sont très simples à poser. Et c’est leur boulot !!!!! (Qu’un type ou une femme qui a fait 10 ans d’études refuse de poser un bout de plastique, c’est ridicule, vous ne trouvez pas ?)

- vous n’avez jamais eu d’enfant : demandez à ce qu’on vous pose un NT 380 " short ", le plus petit DIU au cuivre actuellement existant.

QUE FAIRE SI MON MÉDECIN REFUSE DE ME POSER UN DIU ? QUE FAIRE S’IL ME PROPOSE UN AUTRE DIU QUE CEUX QUI SONT CONSIDÉRÉS COMME LES PLUS EFFICACES ?

1° Imprimez le document officiel de l’IPPF

Cliquez ICI pour le télécharger

et les recommandations officielles de la HAS, publiées en décembre 2004

et faites-les lui lire.

2° Demandez lui de vous expliquer pourquoi il refuse. Il a l’obligation de vous donner une raison scientifique qui figure parmi les contre-indications du document de l’IPPF. Ces contre-indications (" catégories 4 et 3 ") figurent à la page 2 du document de l’IPPF.

S’il continue à refuser sans explication valable, changez de médecin et dites-lui que vous ferez savoir autour de vous qu’il n’est pas à jour de ses connaissances.

Ecrivez au Conseil de l’Ordre du département pour lui signaler cet incident. (Ne portez pas plainte (ça ne sert à rien et ça coûte cher) mais écrivez-lui une lettre salée, l’Ordre sera obligé de la lui transmettre, et ça défrise toujours le médecins de recevoir des lettres de protestation du conseil de l’Ordre local, d’autant que, je le répète, les recommandations officielles de la HAS précisent désormais que ce n’est pas du tout interdit ni dangereux !!!!

Et allez consulter une sage-femme ! Les sages-femmes peuvent prescrire toutes les contraceptions. Elles posent de plus en plus souvent des DIU. Pensez aux sages-femmes pour votre contraception !!!!!


Est-ce qu’un DIU ça favorise les infections ?

Non. Un DIU (au cuivre ou hormonal) ne favorise en rien les infections du vagin, de l’utérus ou des trompes. Ce qui favorise les infections, ce sont... les partenaires sexuels qui transmettent des MST. Il n’y a pas plus d’infection chez les utilisatrices de DIU que chez les non-utilisatrices.


Est-ce qu’un DIU ça favorise les grossesses extra-utérines ?

Non. Les grossesses extra-utérines (qui se développent dans les trompes, et non dans l’utérus) sont moins fréquentes chez les utilisatrices de DIU que chez les femmes qui n’utilisent pas de contraception, car... les utilisatrices de DIU ne sont pas souvent enceintes...

Les causes principales de GEU (grossesse extra-utérine) à l’heure actuelle sont
1° les suites d’infection des trompes (salpingites) graves et/ou non traitées
2° les malformations des trompes (rares)
3° le tabac !!!

Lire cet article


Quel est le meilleur DIU ? Au cuivre ou hormonal ?

Le meilleur, c’est celui qui convient le mieux à l’utilisatrice  !

Une femme qui a spontanément des règles abondantes et douloureuses sera soulagée par un DIU hormonal.

Une femme qui a des règles courtes et indolores peut parfaitement porter un DIU au cuivre, surtout si elle ne veut pas de contraception hormonale.

Donc, c’est à chacune de dire ce qu’elle veut et d’essayer l’un ou l’autre des DIU.


J’ai pris du poids avec la pilule/pendant mes grossesses. Dois-je utiliser un DIU hormonal ou au cuivre ?

Dans mon expérience, les femmes qui ont pris du poids dans ces circonstances risquent d’en prendre aussi avec un DIU hormonal (ou avec un implant). Je leur conseille plutôt un DIU au cuivre.


OÙ PUIS-JE TROUVER UN MÉDECIN (Gynécologue ou Généraliste) QUI ACCEPTERA DE ME POSER UN DIU (OU LE DIU QUE JE DEMANDE) ?

Voici quelques pistes (à essayer dans l’ordre) pour vous faire poser un DIU.
1° Demandez à votre médecin de famille (généraliste) s’il en pose ou si l’un de ses confrères généralistes en posent ; si ce n’est pas le cas, demandez-lui de vous indiquer un gynécologue qui accepte de poser les DIU aux femmes sans enfant. Il en connaît peut-être un.

2° Contactez le Centre de Planification et d’éducation familal hospitalier le plus proche de chez vous et demandez-leur l’adresse d’un médecin qui, dans leur locaux ou à son cabinet privé, pose des DIU (les CPEF emploient beaucoup de généralistes, plus que de spécialistes, en fait...)

Télécharger ici une liste des CPEF de France

3° Contactez l’antenne la plus proche de chez vous du Mouvement Français pour le Planning Familial et demandez-leur les coordonnées d’un médecin qui, dans leur locaux ou à son cabinet privé, pose des DIU aux femmes sans enfant.

Cliquez ici pour les adresses

Consultez aussi le site des sages-femmes orthogénistes (spécialisées dans la contraception) pour entrer en contact avec celles qui exercent dans votre région.

Et surtout, quand vous aurez un rendez-vous avec le médecin, apportez-lui le document de l’IPPF et demandez-lui de vous poser le DIU de votre choix.

Téléchargez le document de l’IPPF


A PROPOS de DIU et INFECTIONS (suite)

A la suite de la lecture de cette article, Magali m’envoie ce message très judicieux :

Bonjour,
Vous déclarez dans votre article "Tout ce que les femmes doivent savoir pour
se faire poser un DIU" que les médecins "déclarent que le DIU peut provoquer
des infections : c ?est faux, ce sont les Maladies sexuellement
transmissibles - MST - qui provoquent les infections, et elles sont
transmises par le(s) partenaire(s) sexuel(s), pas par le DIU."

Or, le doc de l’IPPF dit p.5 :" Les infections génitales basses (cervicite,
vaginite) sont environ deux fois plus fréquentes parmi les
utilisatrices de DIU que parmi les femmes qui ont recours à des
méthodes hormonales."
Alors quoi ?

Comptant sur un éclaircissement de votre part et vous en remerciant par
avance,
Magali

Chère Magali
Vous soulevez un problème très intéressant. Vous me donnez l’idée d’en faire un article, et je vous en remercie d’ores et déjà.

Pour simplifier : si je vous dis que les chauffeurs de Mercédès font plus d’infarctus que les chauffeurs de Twingo (ce qui est vrai), vous n’en tirerez pas comme conclusion que les Mercédès collent plus d’infarctus que les Twingo, mais que les utilisateurs des unes ne sont pas identiques à ceux des autres. Et c’est le cas : les chauffeurs de Mercédès sont plus âgés, plus souvent des hommes, plus souvent en surpoids, plus souvent fumeurs que les chauffeurs de Twingo. Ce qui explique qu’ils fassent plus d’infarctus. La voiture n’est pas la cause de leur maladie, elle est un signe extérieur du mode de vie qui explique la maladie..

Autrement dit : quand deux populations sont différentes, elles peuvent être différentes pour d’autres raisons que la raison qu’on met en avant.
Pour le DIU, c’est pareil.

Il faut d’abord préciser que le bulletin de l’IPPF s’adresse surtout aux soignants des pays en développement. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas applicable à la France, mais qu’il doit être interprété dans ce contexte.

La majorité des utilisatrices de pilules vivent dans les pays industrialisés, car la pilule est une contraception coûteuse. La majorité des utilisatrices de DIU vivent dans les pays en développement. La fréquence des MST est beaucoup plus grande en Afrique, en Asie, en Amérique du sud (où on utilise des DIU) qu’en Europe (ou on utilise surtout la pilule).

Par ailleurs, la pilule (et l’implant, qui est hormonal) protège un petit peu (pas complètement) contre certaines infections (gonocoque, chlamydiae) en empêchant les microbes d’entrer dans l’utérus, comme elle empêche (en épaississant les sécrétions du col de l’utérus) les spermatozoïdes de monter. Ce qui explique que dans les pays industrialisés (et chez les utilisatrices de contraception hormonale), les infections utérines ont diminué progressivement avec l’utilisation de la pilule. Les MST localisées au vagin et au col (l’entrée) de l’utérus sont en augmentation, mais les infections utérines, c’est à dire liées au passage d’un microbe à l’intérieur de l’utérus ou dans les trompes, sont plutôt moins nombreuses.

Evidemment, malgré ce petit effet protecteur, la pilule et les méthodes hormonales ne protègent pas contre le SIDA ou l’Hépatite. Et elles n’empêchent pas de se faire contaminer par un partenaire infecté si on a un comportement à risque (plusieurs partenaires). Cela, aucune méthode contraceptive n’en protège, en dehors du préservatif.

Ce que dit le bulletin de l’IPPF, c’est que dans les circonstances où on est habituellement amené à poser des DIU dans les pays en développement, on le fait chez des femmes qui vivent dans des populations très à risque de MST (pauvreté, polygamie ou multipartenariat, prostitution, promiscuité, etc.)

Ces maladies, il faut les dépister pour les soigner. Vous notez qu’ils ne disent pas que cela contre-indique définitivement de poser des DIU à ces femmes. Mais qu’il faut les surveiller, et soigner une éventuelle infection avant de poser le DIU, ce qui est vrai ici aussi. C’est d’ailleurs ce que je fais couramment : je ne pose jamais un DIU à une femme ayant une infection du col ; je le lui pose après traitement, ou si elle ne peut pas revenir (femme tzigane, par exemple), je lui prescris un traitement en même temps que la pose, en lui expliquant pourquoi il est indispensable de se traiter ; c’est aussi comme cela que procèdent les praticiens britanniques sur les populations ethniquement très mêlées d’Angleterre...

Et il ne faut jamais oublier une chose : la probabilité d’être enceinte en l’absence de contraception est infiniment plus grande que la probabilité d’être infectée en l’absence de préservatif.

En pratique, en France, ce qu’il faut retenir est ceci :
- si l’on a une activité sexuelle exposant aux MST (multipartenariat, ou partenaire ayant lui-même des partenaires multiples) il FAUT utiliser des préservatifs ET une méthode de contraception efficace (DIU, pilule, implant). Car les préservatifs ne sont pas suffisants pour assurer seuls la contraception .

- si l’on n’est pas à risque (relations sexuelles strictement monogames), la contraception suffit.
Voilà. J’espère avoir répondu à votre question, qui permet d’éclaircir un point sûrement épineux pour d’autres lectrices. Merci de nous avoir permis d’avancer.
Amicalement
Martin W.


Peut-on vraiment garder un DIU plus de 10 ans ?

A la suite de la lecture de ce texte, une internaute m’écrit :

Ma question est dans la prolongation de ce que j’ai lu sur le fait de pouvoir conserver un diu posé à 40 ans jusqu’à la menopause. En effet ma gyneco me dit qu’il y a un problème de détérioration - a priori de la partie plastique - du diu, que ceci porte des risques d’infections voire de cancers et donc que garder le diu plus de 10 ans est dangereux...

Je porte depuis mes 40 ans (2006) un diu NT380. Ayant eu une conisation en 2007 les fils ont été ratiboisés au passage, ce qui oblige de recourir à un chirurgien si le retrait doit se faire. Comme j’ai aussi un petit fibrome découvert avant la pose (1cm en 2006, 1,9cm auj asymptomatique), en gros on veut bien me le retirer mais pas m’en remettre un sauf si j’accepte de faire enlever le fibrome, ce dont je n’ai pas du tout envie puisque celui-ci n’ennuie personne. Je ne veux pas non plus recourir aux contraceptifs hormonaux quels qu’ils soient suite à de nombreux soucis de santé qui m’ont amenée à les arrêter.

Donc quand le diu est "périmé" officiellement, j’avais 45 ans et j’ai décidé de le garder tranquillement jusqu’à la ménopause. Évidemment contre l’avis virulent de ma gyneco, qui pensait que je prenais un risque énorme de grossesse. J’ai maintenant 49 ans, le NT380 est en place depuis 9 ans, tout s’est très bien passé, mais pour le moment pas de menopause (cycle globalement réguliers, fsh 7,3 et oestradiol 250). Je suis donc partie a priori pour le garder plus de 10 ans si je le conserve jusqu’à la menopause. Ma gyneco reattaque donc le sujet mais maintenant sur le risque de dégradation et de complications associées. Je ne sais que penser de cet argument sur lequel je ne trouve pas d’information mais que j’ai vu relayé sur au moins un site web de gyneco effectivement.

Pouvez-vous svp me dire si à votre connaissance il y a effectivement un risque de dégradation du ou des matériaux du diu et me donner votre avis éclairé sur ce sujet de la durée réelle possible de conservation du diu cuivre après 40 ans ? Par avance grand merci

PS : au passage je confirme que les sage femmes ont moins de préjugés ; ma fille de 16 ans a ainsi pu avoir un sterilet cuivre posé sans douleur, sans pince de pozzi et avec grande écoute et gentillesse.

Réponse de MW :

La recommandation que j’indique n’est pas la mienne, elle est fondée sur les observations scientifiques des anglo-saxons : il est inutile de retirer un DIU au cuivre posé après 40 ans avant la ménopause. Le plastique ne se dégrade pas (on retire parfois des DIU "oubliés" par la femme, au cours d’une consultation à l’âge de 60 ans...) et le cuivre met très longtemps à disparaître. Comme la fertilité baisse après 45 ans, ce qui reste de cuivre à 50 ou 55 ans est largement suffisant.

Cette recommandation est fondée à la fois sur un souci d’économie et sur un souci d’innocuité : ne pas imposer un geste inutile à une femme qui n’en a pas besoin. Même si la pose d’un DIU peut être indolore et sans danger, on ne fait pas un geste médical "parce qu’on peut le faire", mais seulement lorsqu’il est indispensable.

Les risques d’infection et de cancer qu’invoque cette gynécologue sont faux et fantasmatiques. La présence d’un DIU au cuivre est même protectrice contre le cancer de l’endomètre (c’est démontré) en facilitant par sa présence l’élimination des cellules potentiellement cancéreuses... Quant aux infections, ce sont les rapports sexuels qui les transmettent (parfois). Pas le DIU à lui seul.

La présence du fibrome, qui empêcherait d’en mettre un autre, est un argument de plus pour ne pas l’enlever... D’autant que votre fibrome régressera à la ménopause (ils sont hormono-dépendants)...

Tout ceci, je vous le dirais de la même manière si je vous voyais en consultation aujourd’hui. Ce n’est pas seulement une position théorique, c’est l’attitude pratique qu’ont les praticiens dans le monde anglo-saxon, où on ne plaisante pas avec la sécurité des personnes, mais où on s’efforce de fonder ses actes sur les connaissances scientifiques, pas sur les fantasmes...


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